Oui à l’Initiative pour des multinationales responsables (IMR)

ConferenceLundi 19 octobre a eu lieu à Tramelan, au Cinématographe, une conférence et discussion sur l’IMR. Elle était organisée par les églises réformées du Par8, l’unité pastorale catholique de la Tramata, la Pastorale du monde du travail en Suisse romande et l'Eglise évangélique mennonite du Sonnenberg.

Les conférenciers étaient Pierre Bühler, théologien bien connu originaire de Tramelan, membre du comité « Eglises nationales pour l’initiative pour des multinationales responsables » et Marc Ummel, de l’ONG Swissaid qui est l’auteur d’un rapport sur la Suisse et le marché de l’or. La modération était assurée par la pasteure Liliane Gujer qui travaille dans le Par8.

En début de soirée, le public a pu visionner le film tourné en 2019 par le comité national « Multinationales : l’enquête » qui présente deux exemples de graves atteintes aux droits humains et à l’environnement en Colombie, par la multinationale Glencore et au Nigéria, par LafargeHolcim. Le film est visible librement sur le site https://initiative-multinationales.ch.

Ces deux multinationales ont leur siège en Suisse. Si l’initiative est adoptée, les populations lésées, avec l’aide d’ONG, pourront porter plainte auprès d’un tribunal civil en Suisse et demander réparation pour les dommages causés aux êtres humains et à leur environnement. Dans leur pays, avec un gouvernement souvent corrompu, ces hommes et ces femmes ne parviennent pas à obtenir justice, comme les deux exemples dans le film le démontrent.

Pourquoi les églises s’engagent-elles pour l’IMR ? https://www.eglisespourmultinationalesresponsables.ch

Parce qu’il y a des enjeux théologiques et éthiques a rappelé Pierre Bühler.

L’économie a sa nécessité, mais elle peut et doit fonctionner en respectant les droits humains et l’environnement. Les églises s’appuient sur Genèse 2 (« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder »). Le message chrétien est bien de soutenir et d’aider les plus faibles, Matthieu 25, 40 (« Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites »).

 

Dès le lancement de l’initiative, les églises se sont impliquées, car il en va de la dignité humaine et de la protection de la création. C’est un choix politique, oui, mais pas de politique liée à un parti.

La petite Suisse est une place économique importante : 70% de l’or y est raffiné, plus de 50 % du marché du blé se fait en Suisse. Ne risque-t-on pas de faire fuir les multinationales de Suisse ? Les PME ne risquent-elles pas de faire faillite ?

Marc Ummel, par son travail chez Swissaid est en contact en permanence avec le monde de l’économie. Dans ses recherches sur l’extraction et le raffinement de l’or, (https://swissaid.kinsta.cloud/wp-content/uploads/2020/07/SWISSAID-Goldstudie-FR_final-web.pdf )   il a rencontré des industriels qui espèrent que l’IMR sera acceptée, cela obligerait tous les raffineurs de prouver la traçabilité de leurs produits, ce qu’elles ne font pas toutes, entrainant ainsi une concurrence déloyale envers les entreprises respectant des normes éthiques. Les multinationales n’ont absolument pas l’intention de quitter la Suisse.

Les appels à la bonne volonté auprès de Glencore, Lafargeholcim, Syngenta, etc. n’ont rien changé à leurs pratiques. La liberté, y compris de commerce, implique aussi des responsabilités.  Seule une loi les contraindra à agir autrement.

Un comité bourgeois en faveur de l’IMR s’est constitué, il rassemble plusieurs centaines de personnes. https://www.comite-bourgeois.ch/initiative/

Les multinationales sont en train de dépenser 8 millions de francs pour lancer leur campagne mensongère, malheureusement relayée par la conseillère fédérale Mme Karin Keller-Sutter. Celle-ci affirme que la Suisse, en acceptant une telle initiative, serait l’unique pays à se doter d’une législation aussi restrictive. C’est faux.

Il existe aujourd’hui au 21e siècle, une tendance internationale vers l’exigence d’une plus grande responsabilité  de la part des multinationales.

  • L’Union européennea adopté en avril 2017 une loi sur le devoir de diligence relatif aux minerais provenant de zones de conflit. Le règlement oblige les importateurs d’étain, de tantale, de tungstène et d’or à faire preuve de diligence .

En France (loi sur le devoir de diligence), en Grande-Bretagne (UK companies Act) , aux Pays-Bas, au Canada et bientôt en Allemagne, des législations sont en place ou vont se mettre en place pour obliger les grandes entreprises à renoncer aux profits à tout prix, au mépris des droits humains et de l’environnement.

  • Pour plus d’informations, lire sur :

https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/initiative-multinationales-responsables/le-contexte-international-de-linitiative

La société civile a les moyens de faire ployer le monde politique, de l’obliger à poser un cadre juridique protégeant la vie humaine et l’environnement. Vous pouvez envoyer des cartes postales (commandées auprès du comité national à vos connaissances pour qu’elles s’informent et glissent un OUI dans l’urne le 27 novembre. Vous pouvez accrocher le drapeau. https://initiative-multinationales.ch.

Nous aussi, nous voulons vivre dans la dignité, nous aussi voulons vivre dans un environnement non pollué. Les habitants d’autres pays en ont aussi le droit, aidons-les !

Autres sources d’information sur TélEglise :

Alexia Rossé, PPP 19 mai 2019 https://www.reformes.ch/ethique/2019/06/pour-des-multinationales-responsables

Pierre Bühler, interview du 27 septembre 2020 https://www.telebielingue.ch/fr/emissions/teleglise/2020-09-27

Autres sources d’information sur les activités des multinationales auprès de l’association Public Eye (ex Déclaration de Berne) qui présente divers cas.

https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/initiative-multinationales-responsables/cas

21.10.20 Sylviane Zulauf Catalfamo

 

 

Nous avons 118 invités et aucun membre en ligne